Une Prune à l'Anis

16 mai 2012

La parole du sage

Nous sommes croyants, pratiquants …. le baptême de Lysandre était prévu pour cet été, son parrain et sa marraine choisis presque avant qu’il soit conçu.
Lorsque nous avons été confronté au décès de notre petit bébé quelques heures après sa naissance, je n’ai pas une seconde pensé que son âme était dans les limbes comme on a pu le dire du temps de nos grands parents. J’ai tout de suite su au fond de mon cœur que Lysandre était dans les bras de sa tante, à côté de la Vierge Marie et de Jésus.
Finalement le plus dur a été d’entendre lors de la préparation des obsèques de Lysandre (paradoxe de préparer cette cérémonie moi qui avait déjà réfléchi à celle de son baptême!) le prêtre nous répéter plusieurs fois “il n’a pas reçu le sacrement du baptême” …. en toute sincérité durant les 5h de sa vie nous n’y avons pas songé. On ne pense pas à la mort quand on vient de donner la vie .
Mon entourage a essayé de me consoler en me répétant que j’avais le désir de le baptiser, que c’était tout comme.
J’en étais consciente mais je n’arrivais pas à mettre des mots sur mon sentiment, sur cette douleur au fond de mon âme, sur cette incompréhension face à une Eglise à laquelle je crois et que je défend mais qui ce jour là n’avait pas entendu mon chagrin.

Puis la semaine dernière le père d’une amie a trouvé les mots justes pour m’apaiser. Il a mis le doigt sur ce mal être que j’avais depuis cette fameuse réunion de préparation.
Cet homme, beaucoup plus sage qu’il ne le pense, m’a dit clairement que pendant 8 mois Lysandre était venu avec nous à la messe, pendant 8 mois il a communié avec moi.
Est ce que ça ne vaut pas le meilleur des baptême? …

ALors MERCI M. pour ces paroles qui m’ont apaisée … quelle chance ont vos enfants de vous avoir pour papa.

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15 mai 2012

Robe de rentrée …

Non je ne suis pas en retard … c’est juste que le jour de la rentrée Aline a pleuré à chaudes larmes et que du coup je n’ai pas fait ma fameuse photo de la rentrée (snif!). Le temps a passé, à l’époque je vivais le 1er trimestre de ma grossesse très fatiguée … bref la photo est passée à la trappe.
Les beaux jours reviennent timidement chez nous (en gros un jour on crève de chaud, le lendemain on se tâte à ressortir les doudounes :/ ) et j’ai ressorti la fameuse robe. Bon en quelques mois Aline a du prendre 5 bon cm … la robe est devenue un peu courte …. un petit leggins dessous en hop ça fera l’affaire.

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modèle Juliette de Madame Maman en taille 6 ans – cotonnade toute douce achetée au Marché St Pierre

Alors depuis septembre j’avoue ne plus trop me souvenir des détails. Il me semble que le modèle était facile. J’ai rajouté 2 pressions au niveau du ruban car ça ne tenait pas.

Aline adore cette robe-tunique ! 

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14 mai 2012

une pour moi, une pour Lysandre …

Matinée un peu difficile pour moi, pour nous … rendez vous chez le gynécologue qui m’a suivi pour mes 3 dernières grossesses. De cet entretien j’espérais des réponses, je m’attendais à de la compassion et du réconfort. A la place je me suis trouvée face à un corps médical qui se protège et qui n’admet pas avoir fait une erreur ou ne serait ce qu’avoir mal interprété les signes. Une médecine qui ne semble pas faire cas des cas un peu trop rares.
Heureusement que parmi celles qui m’entourent au quotidien, il y a elle, rencontrée au détour d’une chemise pour homme … amitié virtuelle alimentée par nos convictions et nos passions. en plus d’être la super maman de 4 magnifiques enfants, elle porte la blouse rose (?) de ces femmes qui chaque jour aident les mamans à vivre l’expérience la plus forte d’une vie.
Grâce à ses connaissances sur le sujet et à ses connaissances professionnelles j’aurais peut être un jour un peu plus de réponses.

Dure matinée pour moi … mais un peu adoucie par un petit bouquet déposé devant ma porte par une fée … un petit signe pour dire “je pense à toi, à vous”.

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Merci la fée Agnès … pour tout!

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13 mai 2012

défi 2012 #1

Aucune photo avant le jour J, secret total promis… on sait juste que les fille auront des robes de princesses et les garçons des pantalons et tuniques d’enfants sages (jusque là tout est en ordre). A ces 14 tenues (oui depuis décembre il y a un petit couple de plus … mon petit Alexis était trop beau dans la tenue, la mariée a accepté de le prendre en plus dans le cortège!), ce sont ajoutées 10 lavallières dont 4 trop belles (mais chuuuuuuuut).
Bref c’est un post pour rien car je vais rien montrer …. allez juste un petit aperçu

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10 pochons en lin blanc … et 7 pochons en lin blanc … j’avais dit juste un aperçu !

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un petit bout de lui

Quand j’ai retrouvé ce coupon de Liberty dans mon stock j’ai vite compris que je ne pourrais jamais l’utiliser pour un autre bébé, pour un autre enfant. Ce coupon c’était ma mariée qui me l’avait offert pour me remercier et c’est celui que j’ai utilisé pour réaliser la 1ere brassière de Lysandre …. celle dans laquelle il a été enterré.
J’ai regardé ce coupon et je me suis demandée comment l’utiliser au mieux … puis j’ai décidé de me faire quelque chose pour moi … un accessoire qui me suivrait et qui me donnerait l’impression d’avoir un peu de lui toujours avec moi.

 

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tissus beige de mon stock, Liberty Fairford bleu taupe, pression recouverte, Vierge miraculeuse achetée à Lourdes par celle qui devait être la marraine de Lysandre (encore Merci Hortense, cette médaille ne me quitte plus).

Aucune grosse modification, modèle très simple. j’ai juste rajouté une pression pour éviter de perdre le contenu de mon sac en route, ainsi qu’une petite poche intérieure (mais ça c’est parce que j’avais oublié de doubler la mesure de la pochette dans le patron!). J’ai bidouillé une petite poche pour mon portable.

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11 mai 2012

Tu aurais du avoir 1 mois aujourd’hui … je devrais avoir les yeux cernés par la fatigue des nuits un peu courtes et nos journées devraient être rythmées par tes siestes, tes tétés et ton bain … peut être même que tu commencerais doucement à faire des sourires .
à la place j’ai les yeux rouges rongés par les larmes, mes nuits sont courtes mais parce que je fais des cauchemars. Tes frères et sœur posent de plus en plus de questions, regrettent de ne pas t’avoir vu un peu, demandent s’il y aura encore un bébé.
La vie a repris son cours … elle est rythmée par nos regrets, nos interrogations, nos angoisses et notre colère.
Ma première et ma dernière pensée de mes journées sont pour toi … au milieu j’essai de vivre à peu près normalement … mais est ce possible?
Il y avait les dates heureuses qu’on fête avec joie chaque année …. il y a maintenant une date de plus à laquelle on pleurera.
J’espère que tu es bien, que ta tante t’a accueilli et que tu veilles sur nous.

 

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09 mai 2012

parce que la vie continue … pour eux

dimanche dernier nous avons fêté les 7 et 3 ans des garçons ….
Je l’avoue je l’ai fait pour eux, parce qu’ils n’ont pas a payer notre douleur, parce qu’ils ont déjà leur douleur et leurs interrogations, parce que leur job à eux pour l’instant c’est vivre et jouer.
Parenthèse dans le temps, même la météo a joué le jeu en nous offrant un peu de soleil parmi ces nombreux jours gris. De parrains et marraines venus aider à souffler les nombreuses bougies, des amis venus nous soutenir un peu.
Des rires et des cris d’enfants dans la maison et le jardin, des discussions des grands … et moi au milieu qui réalise que normalement il aurait du être là et que la journée aurait du aussi être rythmée par les pleurs d’un nourrisson.

          gabriel_7ans    alexis_3ans

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ne rien renier …

C’était il y a 5 semaines …. j’ai l’impression que ça fait des mois … j’ai l’impression que c’était hier. Il m’arrive encore de me réveiller le matin avec l’espoir fou de sortir d’un horrible cauchemar … je caresse mon ventre et la réalité me rattrape. Tu n’es plus là, il ne se passe pas un jour sans que mes yeux ne se remplissent de larmes, pas un jour où je culpabilise , pas un jour où je ne revis ce jour horrible et où j’essaye de comprendre ce qui s’est passé. les mots “transfusion foeto maternelle” dansent en permanence dans ma tête comme ton sang qui j’imagine continue à se mêler au mien.

La vie a repris son cours …. pour les autres! Personnellement j’ai le sentiment de stagner au 11 avril. Je réfléchis aux évènements passés en me disant “là c’était avant, là on était encore à 100% heureux”. Les enfants ont repris le chemin de l’école et moi avec … je retourne sur ces lieux que j’avais quitté avant les vacances avec un ventre rond et le sourire. Hier des mamans inconnues me souriaient, me demandaient si j’étais pas fatiguée, pour quand c’était prévu … aujourd’hui les regards se baissent, se font fuyant, on n’ose rien me dire …. j’encaisse comme je peux, j’essaie de relever la tête pour les enfants, je m’appuie quotidiennement sur ces amies fidèles qui me maintiennent hors de l’eau.
Chaque jour je comprend un peu plus la maxime “c’est dans l’épreuve qu’on compte ses véritables amis” … dans mon chaos depuis 5 semaines, il y a les amis véritables qui étaient là avant et qui sont toujours là, il y a ces personnes qui se sont révélés être des amis sincères, des personnes rencontrés ici et là, dans la vraie vie ou en virtuel et dont les mails et les mots me réchauffent le cœur …. puis il y a les autres. Parmi ces derniers il y a ceux qui s’étonneront de ne plus m’entendre ….et ceux qui ne s’en rendront même pas compte! L’amitié ne se mesure pas à la quantité mais à la qualité.
Chaque jour je comprend un peu plus les réactions des personnes endeuillés et je me retiens de ne pas crier ma douleur et ma colère. Puis parfois elle sort, les larmes avec. des amies les essuient patiemment, et discrètement elles refoulent les leur.

Les bonnes intentions veulent me changer les idées, éviter d’en parler, pensent qu’il ne faut pas remuer le couteau dans la plaie … mais ne rien dire, ne pas en parler, ne plus l’appeler, ne pas oser dire son prénom c’est renier ma vie pendant 8 mois, c’est le faire mourir une 2e fois. Lysandre a partagé ma vie, notre vie pendant 8 mois et 1 semaine, j’ai senti la vie dans mon ventre, vous avez vu mon ventre s’arrondir et bouger sous ses coups. Alors pourquoi aujourd’hui faire comme si rien ne s’était passé? Je sais d’avance qu’on ne l’oubliera pas, il fait parti de notre famille, il a sa place dans notre vie, essayez de lui laisser une petite place dans la votre.

On n’ose pas nous déranger, on n’ose pas appeler, pas passer le pas de la porte …. et nous on se sent mis de côté, on a l’impression que nos larmes dérangent, que notre chagrin gêne, que notre malheur est peut être contagieux. j’ai lu dans une brochure sur le deuil que les personnes endeuillés étaient des handicapé affectifs … c’est tellement vrai! on se sent amputé d’une part de nous même, on se sent moins vivant et on a besoin de contact, de chaleur humaine pour nous prouver qu’on vit encore. Une amie m’a dit “tu as perdu ton sourire et une partie de ton innocence” … oui quand on perd un être cher et d’autant plus un petit enfant on prend conscience de la fragilité de la vie, de la magie de la vie comme de son impuissance face à la mort.

Depuis 5 semaines aujourd'hui, je survis plus que je ne vis … j’arrive à ne pas y penser pendant quelques minutes, parfois pendant 1h même … puis un geste, une pensée, un objet, une phrase me replonge dans l’absence. Les 1eres fois devant ma machine à coudre j’ai plus pleuré qu’assemblé du tissus. Devant ma Mac j’ai réalisé que les fois d’avant mon ventre touchait la table, que ce cortège que je réalise je l’ai commencé avec Lysandre et je le finis seule … je touche ce tissus acheté pour lui, ce tour de lit qu’il n’a jamais vu, ces brassières qui resteront dans un pochon. Quand je vois le tissus du cortège, je repense à cette brassière cousue dans les chutes pour faire une surprise au marié qui devait être son parrain.

Curieux mélange de culpabilité qui nous envahi, envie de s’allonger dans le noir et de ne plus penser à rien, envie de sourire et ne pas y arriver, sourire et le regretter, sourire et culpabiliser de continuer à vivre sans lui … penser à l’avenir, revoir les projet à 5 au lieu de 6, ranger le peu de choses qui témoignent de sa présence, parler d’un 5e enfant, avoir le sentiment de l’oublier déjà, avoir peur de ne pas y arriver.

Laissez nous le pleurer, Laissez nous pleurer sur vos épaules … et grâce à vous on va se relever. Pas l’oublier, juste apprendre à vivre sans lui et se donner le droit d’être heureux quand même, avec vous. 

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extrait de “Repères pour vous, parents en deuil” édité par la fondation de France et diffusé par l’association Sparadrap et l’association “Naitre et Vivre”

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23 avril 2012

essayer de se relever …

Y arriver …. quelques minutes et retomber ensuite . Essuyer ses larmes pour mieux pleurer en cachette. Chercher des réponses et ne trouver que l’incompréhension.
Certains textes posent un léger baume sur le cœur, là où seulement le temps permettra d’atténuer la douleur vive.
Il sera toujours mon 4e enfant et j’espère un jour arriver à en parler sans pleurer … j’espère un jour le retrouver et lui faire ses câlins dont la vie l’a privé.

Ne pleure pas si tu m’aimes

Saint Augustin

Si tu savais le don de Dieu et ce qu’est le ciel,
Si tu pouvais d’ici entendre le chant des anges et me voir au milieu d’eux,
Si tu pouvais voir se dérouler sous tes yeux les horizons et les champs éternels, les nouveaux sentiers où je marche,
Si un instant tu pouvais contempler comme moi la Beauté devant laquelle toutes les beautés pâlissent …
Quoi ? Tu m’as vu, tu m’as aimé dans le pays des ombres, et tu ne pourrais ni me voir, ni m’aimer encore dans le pays des immuables réalités ?
Crois-moi, quand la mort viendra briser tes liens comme elle a brisé ceux qui m’enchaînaient, et quand un jour que Dieu connaît, et qu’Il a fixé, ton âme viendra dans le ciel où l’a précédée la mienne, ce jour-là tu reverras Celui qui t’aimait et qui t’aime encore, tu retrouveras Son cœur, tu en retrouveras les tendresses épurées…
A Dieu ne plaise qu’entrant dans une vie plus heureuse, infidèle aux souvenirs et aux vraies joies de mon autre vie, je sois devenu moins aimant !
Tu me reverras donc, transfiguré dans l’extase et le bonheur, non plus attendant la mort, mais avançant d’instant en instant avec toi, qui me tiendras la main, dans les sentiers nouveaux de la Lumière et de la Vie, buvant avec ivresse aux pieds de Dieu un breuvage dont on ne se lasse jamais et que tu viendras boire avec moi …
Essuie tes larmes et ne pleure pas si tu m’aimes !…

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18 avril 2012

rien n’efface …

mais des petites choses adoucissent la peine ….

Correspondance du bienheureux Charles de Foucauld avec sa sœur Marie, dite Mimi,

épouse de Raymond de Blic, après le décès au début de l’année 1900 de leur septième enfant, Régis, qui n’avait vécu que quelques heures.

Nazareth, 12 février 1900

     Ma chère Mimi, je viens de recevoir la dépêche envoyée hier par Raymond. Tu as dû avoir de la peine de la mort de cet enfant et j’en ai aussi à la pensée de la tienne. Mais je t’avoue que j’ai aussi une admiration profonde, quand je pense que toi, ma chérie, ma petite sœur, toi pauvre voyageuse et pèlerine sur la terre, tu es déjà mère d’un saint. Oui, ton enfant, celui à qui tu as donné la vie, est dans ce beau ciel auquel nous aspirons.

     Le voici devenu en un instant l’aîné de ses frères et sœurs, l’aîné de ses parents… Tous tes autres enfants marchent péniblement vers cette patrie céleste, espérant l’atteindre, mais n’en ayant pas la certitude, et pouvant en être à jamais exclus ; ils n’y arriveront sans doute qu’au prix de bien des luttes et des douleurs… Lui, ce cher petit ange protecteur de ta famille, il a d’un coup d’aile volé vers la patrie, et sans peine, sans incertitude, par la libéralité infinie du Seigneur jésus, il jouit pour l’éternité de la vue de Dieu, de Jésus, de la Sainte Vierge, de saint Joseph et du bonheur infini des élus.

     Je te le répète, j’entre dans une admiration ravie en pensant à cela : on estimait la mère de saint François d’Assise bienheureuse parce que de son vivant, elle assista à la canonisation de son fils : mille fois plus heureuse es-tu ! Tu sais, avec la même certitude qu’elle, que ton fils est un saint dans les cieux, et tu le sais, dès le 1er jour de ce fils chéri, sans le voir traverser pour arriver à cette gloire une vie de douleur.

     C’est le prix du saint baptême, c’est le prix du sang de Jésus : Jésus a souffert et combattu assez pour avoir le droit de sauver les Siens, sans nul mérite de leur part. Il en a assez pour introduire tous ceux qu’il veut, à l’heure qu’il veut, dans le royaume de son Père. Ma chérie, ne sois donc pas triste, mais répète plutôt avec la très Sainte Vierge : « Le seigneur a fait en moi de grandes choses. Les générations me proclameront bienheureuse. »

     Oui, bienheureuse, parce que tu es la mère d’un saint, parce que celui que ton sein a porté est déjà à cette heure éclatant de la gloire éternelle, parce que, comme la mère de saint François d’Assise, tu as, encore vivante, le bonheur incomparable de penser que ton fils est un saint, éternellement assis aux pieds de Jésus, éternellement appuyé sur Son Cœur, dans l’amour et la lumière des Anges et des Bienheureux.

Je t’embrasse de tout mon cœur comme je t’aime dans le Cœur de notre bien aimé Seigneur Jésus.

     Fr. Charles de Jésus

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